Melingo

Melingo

Melingo et Juan Carlos Caceres en concert les 22 et 23 avril à La Maroquinerie

Daniel Melingo a eu plusieurs vies intenses. Né en 1957, il s'est d'abord cherché entre hurlements extatiques et excursions méditatives dans les sphères de la scène rock argentine. "Grand-père du néant" ("Los Abuelos de la Nada") au début des années '80, c'était un des plus fervents adeptes du sex, drog and rock'roll porteno, compositeur de quelques twist furieux, tels Cleopatra, que les rives du Rio de la Plata n'ont pas encore oubliés. On le retrouve quelques années plus tard en Espagne avec sa bande, les Lions in Love, explorant les rythmes reggae et funky mais déterrant aussi déjà quelques bouts de racines soul et tango originaires, si tant est qu'un tel métisse — on dit que du sang basque, grec, italien, indien et noir coule dans ses veines — puisse avoir des racines quelque part.

Dans les années '90, cet ancien du conservatoire de Buenos Aires redécouvre enfin la profondeur et la poésie des vieux maîtres du tango argentin, notamment d'Enrique Cadicamo, et s'approprie définitivement le genre. On le voit même animer une émission de télé où il invite ses potes musiciens rock professionnels à se reconvertir dans le tango.

"Santa Milonga" par Melingo

Depuis, maturité et sérénité arrivant avec les tempes grisonnantes et la voix éraillée, Melingo se consacre uniquement à chanter, jouer et interpréter des tangos brûlants qu'il imprègne de son expérience d'homme et de musicien qui a beaucoup vécu et beaucoup bourlingué. Cela donne quelques CD d'excellence: Tango bajos (1998), Ufa (2003) et surtout Santa Milonga (2004), produit à Paris par le nouveau label Manana d'Eduardo Makaroff (Gotan Project).

Noël Blandin, le lundi 18 avril 2005