Nardo Zalko

Nardo Zalko

Nardo Zalko, Paris Buenos Aires, Un siècle de tango (Éditions du Félin)

Une nouvelle édition actualisée du livre de Nardo Zalko, Paris Buenos Aires, Un siècle de tango, sort cette semaine en librairie. L'édition originale, publiée en 1998, était épuisée depuis longtemps et le manque se faisait cruellement sentir étant donné la production squelettique de livres en langue française consacrés à l'histoire du tango argentin. Cet essai est en effet l'un des rares ouvrages quelque peu documenté destiné aux amateurs français du genre. Il raconte l'histoire des liens tissés du début du XXe siècle à nos jours entre les deux capitales mondiales du tango: Buenos Aires et Paris, l'épouse et la maîtresse comme disent les argentins. Organisé chronologiquement sur fond de réalité politico-sociale et de création artistique des deux pays, rendu vivant par une riche iconographie, fourmillant d'anecdotes, le livre de Nardo Zalko se lit comme le roman des aventures du tango entre les deux rives de l'Atlantique.

Né vers 1880 dans les faubourgs et les bordels de Buenos Aires, le tango débarque à Paris, via Marseille, en 1906. "Selon la légende, ce sont les marins de la frégate-école argentine Sarmiento qui laissèrent dans le port marseillais et dans ses caboulots les partitions de La Morocha (La Brunette) d'Enrique Saborido", écrit Nardo Zalko. Quelques décennies plus tard, après d'innombrables échanges migratoires et la montée au firmament de Carlos Gardel — né, selon la rumeur, à Toulouse avant d'aller faire la carrière que l'on sait à Buenos-Aires —, plus de 300 tangos argentins évoquent la capitale française et Buenos Aires regorge de maisons de passe et de cabarets-tango aux noms français. Plus tard, en plein déclin des années '60 et '70, c'est encore en France que le tango continue à exister, à travers quelques grands musiciens (Astor Piazzolla) ou artistes et écrivains (Julio Cortazar) venus s'y réfugier. Dernier aller-retour en date, le renouveau des années '90. Suite au prochain siècle.

Noël Blandin, le jeudi 04 novembre 2004